Villa El Salvador

29-08-2012 19:40 (commentaires : 2)



"On raconte que quand Villa El Salvador était connue comme un grand assemblage de huttes en nattes alignées par des lots déssinés à la craie, un matin, un groupe de jeunes hommes descendus sur la plage découvrirent une baleine échouée sur le bord.

Certains disent que cette baleine échouée servi à nourrir des centaines de familles qui de ce fait s'installèrent et restèrent à Villa.

D'autres préfèrent dire qu'un jour elle reviendra à Villa car elle fut repoussée dans les flots et que c'est un animal noble, qui a beaucoup de mémoire et que c'est elle l'avenir de cette ville." *

 

Les histoires sur les origines de Villa sont nombreuses. Les adultes aiment prendre le temps de les conter, de partager avec nous les souvenirs d'un autre temps, qui n'est finalement pas si lointain.

 

 

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Marchant ainsi dans une de ces rues sableuses, c'est désormais sans surprise que nous repondons aux questions et que nous écoutons les anecdotes. Un exemple parmi tant d'autre, un récit d'enfance, celle de Salvador, rencontré au coin d'une rue devant la tienda de Brenda.

Les parents de Salvador ont été dans les premiers à arriver à Lima, dans les années 1970. A la recherche de travail, d'un avenir pour leurs enfants, ils ont tout d'abord voulu s'installer proches de la ville, mais ils ont finalement été dirigés vers l'Arenal, cette grande étendue de sable alors désertique du sud de Lima.

 

A l'époque, il n'y avait ici aucun accès à l'eau ou à l'électricité, et nul n'avait les moyens de construire des maisons en brique.Il était bien plus économique d'acheter des nattes en jonc tressé pour construire les bases d'un abri primaire, de ce qui sera plus tard une habitation. Rapidement, l'invasion s'organise. Des lots sont attribués à chacun, des rue tracées, c'est une ville qui commence à naître, avec l'espérance comme seul ciment.

 

 

 

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Au début, les parents de Salvador ramenaient l'eau de leur travail, au centre de Lima. Les bus les déposaient à l'entrée de Villa et ils devaient ensuite marcher plus de deux heures chargés de bidons pour rejoindre leur logis. Plus tard, la municipalité a posé des robinets. Un par secteur. Une charge facilitée, mais toujours cette nécessité de charrier des litres et des litres pour subvenir aux besoins du quotidien...

 

Ceux qui ne voulaient pas faire la queue devant le robinet pour récolter le précieux liquide, louaient les services des porteurs d'eau. Un travail d'enfant. Celui du petit Salvador, huit ans. Pour ne pas porter à la main les lourds barils d'huile recyclés, ils avaient un long bâton qu'ils posaient sur leurs épaules et sur lesquels ils accrochaient les bidons. Douze bidons pour remplir un réservoir, soit six voyages du robinet à la maison pour gagner une poignée de soles et améliorer le quotidien...

 

 

 

En plus de son travail, Salvador était chargé avec son frère de ramener l'eau pour la maison, dans une grande casserole. Au retour, le sable omniprésent, soulevé en poussière par les mouvements des pieds allait se déposer au fond de la casserole. S'il y en avait trop, le père jetait l'eau, les disputait et les punissait. Il fallait tout recommencer en veillant cette fois à ne pas marcher trop vite. Salvador précise qu'ils n'étaient pas tous comme ça les parents, mais que les siens si, ils étaient dur avec lui et sa fratrie. Ils avaient tout laissé, tout abandonné pour trouver une alternative, leurs enfants devaient donc suivre et se forger un avenir.

 

 

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Quarante ans plus tard, la brique à massivement remplacé les Esteras. Mur après mur, ceux qui ne sont partis de rien ont construit des maisons et ont vu grandir leurs entreprises. Le sable du désert n'a pas disparu. Il reste omniprésent, formant les trottoirs et parfois même les rues. Les voisins se connaissent, prennent souvent le temps de discuter. Si vous prenez le temps de vous arrêter et de les questionner, vous aussi, ils vous diront d'où ils sont et vous raconterons un bout de leur histoire, de l'histoire de cette ville aux milles visages...

 

 

 

 

 

 

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Si depuis votre bureau ou votre maison vous tentez d'imaginez cet endroit, laissez de côté tout ce qui vous entoure pour vous laisser conduire dans un tout autre univers. Les maisons sont ici construites peu à peu, au fil des moyens. Le deuxième étage dépasse souvent du rez-de-chaussée d'un bon mètre et au troisième, il n'y a parfois qu'une seule pièce, comme une cabane posée sur le toit. Le reste de cet espace couvert de tôle sert souvent à étendre le linge de toute la famille ou à entreposer un joyeux bazar.

 

 

 

Les chiens sont maitres des rues. Chacun surveille son lieu, lorsqu'il est chanceux, ou erre à la recherche d'un peu de nourriture ou de quelques carresses. Gare au chat qui passe par là, le malin aura vite intérêt à trouver une grille inaccessible où se refugier...

 

 

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Devant les commerces, la grille est souvent fermée : la maitresse des lieux fait sa vie dans sa maison, juste derrière. Il faut appeller et être un peu patient pour la voir arriver de la porte du fond et pouvoir acheter le papier toilette à l'unité, le petit sachet de shampoing ou une cigarette unique... Le camion poubelle passe dans les rues en diffusant sa mélodie entêtante..."Sortez votre poubelle..."

 

Sous le ciel hivernal de Lima, à chaque coin de rue, des initiatives naissent pour faire sans arrêt évoluer cette ville encore trop souvent laissée de côté par des politique élitistes. La volonté est grande, les action nombreuses. Un petit pas de plus chaque jour, des sourires sur des visages. Une bière pour fêter ses trente ans, ceux du neveu de Salvador. Lui n'aura pas connu cette époque qui brille dans les yeux de son narrateur, il a pu, grâce à la force de ses grand-parents, se construire un avenir, apprendre l'anglais et devenir guide touristique.

 

Merci à tous les deux pour ces récits partagés.

 

* Source : http://www.amigosdevilla.it/historia/de_una_ciudad1.html

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaire de clarisse | 15-10-2012

Toujour un régal de lire vos articles ! J'adore la vidéo de présentation et merci pour les photos. Besos à vous 5

Commentaire de Christel | 19-10-2012

Chouette travail de restitution et la vidéo est un vrai + pour nous permettre de vous imaginer là-bas :-) Bises à vous et joli chemin...